Le Blog de Mike

Revendiquer ma vie après une maladie mentale (3 ième partie)…

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Le futur en étant dans le flot de la vie.

La leçon que j’ai apprise jusqu’à maintenant est que je suis toujours en train de me rétablir. C’est dans mon inconscient et aussi dans une partie de ma vie quotidienne maintenant et dans le futur. Cela ne veut pas dire d’attendre moins de ma vie mais d’être plus en charge quand j’ai des rechutes. Quand j’avais une rechute dans le passé, j’aurais demandé pour plus d’aide quand je me sentais plus anxieuse mais maintenant je me donne rendez-vous à ma table de cuisine pour faire face à la rechute et trouver une solution.

J’accepte maintenant que le futur puisse apporter de bonnes expériences en comparaison d’autrefois où le futur apparaissait comme un temps rempli d’événements problématiques accompagnés d’une faible estime de soi et de bas niveaux d’énergie. Ce n’est pas que je prenne pour acquis mon bien-être mais j’anticipe de développer mon implication et de me rapprocher de plus en plus du sens réel de ma vie. Je recherche plus que de compenser et de rester marginale à la société. Je veux être impliquée dans ce projet de vie de la même façon que n’importe qui d’autre.

Si je veux décrire en un mot ce qui arriva quand je commençai à reprendre le sens de ma vie, mon premier but était de remettre l’équilibre dans ma vie. Je développai une confiance en moi avec des perceptions claires et améliorai mes interactions avec les autres. Le processus signifie d’être dans le flot de la vie avec toute mon énergie. Le meilleur objectif que je pourrai toujours garder dans la vie est d’être responsable pour ma condition de vie.

Sylvie Albert
Juin 2008

Revendiquer ma vie après une maladie mentale (2 ième partie)…

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Depuis le début de ma quarantaine.

Mon rétablissement n’est pas seulement pour moi et pour ma vie : je veux aussi aider à la création d’un meilleur environnement dans lequel les autres peuvent explorer le sens de la maladie mentale dans leur propre vie. Depuis que j’ai plus d’énergie en vivant une vie pleine de sens, je souhaite que tous les patients aient aussi l’opportunité de réaliser leur but. La société a un rôle plus important à jouer pour reconnaître les rôles des patients comme des citoyens à part entière dans toutes les sphères d’activités et elle devrait les encourager.

Quand je réalisai que la personne en charge (l’esprit de recherche en moi) était capable de prendre plus de décisions que je pensais, j’observai que le bien-être devenait concret et pas un autre but inaccessible. Il y a néanmoins aucune magie parce que je dois faire des négociations avec moi-même, c’est-à-dire être en charge de mes échecs et ne pas rendre les autres responsables de ceux-ci. Cela m’aide à garder le focus sur l’amélioration de mes conditions de vie. J’en profite car les gens me disent que je m’adapte, je suis plus flexible. C’est le même but qu’ils poursuivent avec leur vie dite normale.

Mes accomplissements ne sont cependant jamais une affaire conclue parce que je dois aller dans les détails de mon comportement envers la vie comme si c’était une pierre précieuse. Ce que je veux dire est qu’il n’y a aucune garantie de retrouver mon plein potentiel mais le but se maintient de faire partie de l’aventure comme une actrice, pas une spectatrice. Je ne veux pas mettre un masque et prétendre que j’ai rétabli 100% de ma santé mentale et qu’il y a une guérison quelque part. N’importe quel chemin que je prends sera rocailleux et c’est une bénédiction. Je suis assez résiliente pour naviguer sur cette route et je trouverai des façons d’accepter les embûches et accueillir les défis.

Sylvie Albert
Juin 2008

Revendiquer ma vie après une maladie mentale (1 ère partie)…

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Mon but principal est de réapproprier le sens de ma vie. C’est un cheminement complexe mais qui est possible d’accomplir. Quand je commençai à regagner l’espoir (avec des traitements et du support) Je réalisai que la vie était plus qu’être stable ou suivre un traitement. Oui c’était une pierre angulaire pour améliorer mon fonctionnement quand j’acceptai d’être traitée mais le bien-être est plus complexe qu’une recette de guérison.

Paradoxalement, je devais vraiment me placer dans un contexte où j’étais au même niveau que les autres citoyens et pas dans un environnement protégé où les malades survivent (sont placés). C’est toujours un défi parce que d’un côté je fais face à mes propres limites et d’un autre côté j’ai à négocier avec les préjugés et les étiquettes dans la société.

Depuis 1998

Je veux me sentir une citoyenne à part entière donc je m’implique dans mes activités avec une attitude résiliente. Je peux apprécier ma participation dans cet état d’esprit au lieu de me sentir submergée avec ce qui est injuste ou néfaste pour les personnes avec un problème mental. Au début de ma quarantaine, je commençai à prendre davantage un rôle dans la société quand je réalisai que je pouvais améliorer mes contacts avec d’autres personnes et qu’il n’y avait pas de honte à avoir un problème mental. Je commençai à animer des groupes de supports à AMI-Québec et d’aller à des rencontres avec d’autres patients à la fin des années 1990. J’appris de ces discussions que le rétablissement fonctionne en autant que je participe dans le processus de bien-être. C’est une approche authentique suivant mes valeurs.

Je ne crois pas dans les prêcheurs ou les thérapeutes qui me disent que quelques fins de semaine intensives de thérapie ou un programme d’activités va résoudre un problème de santé mentale. Il n’y pas de solution rapide mais je crois que je peux approfondir mes valeurs humaines pour augmenter mes chances de sentir que je fais partie du monde qui m’entoure au même titre que les autres personnes qui n’ont pas de diagnostic de problème mental le font.

Sylvie Albert
Juin 2008