Le Blog de Mike
Personne souffrant d'une maladie

Un autre chemin pour vous et moi….

IMG_2383

Je voudrais exprimer une profonde appréciation pour ma vie parce que j’ai développé une autre attitude en utilisant des outils pour faire face à l’anxiété. Je les ai découverts à différentes étapes de mon rétablissement et ils ont été utiles pour mon bien-être dans les 20 dernières années de ma vie. Le premier était une communication face à face avec des psychothérapeutes. Pendant ma trentaine et ma quarantaine, je développais beaucoup d’espoir avec ces contacts. Ces personnes me donnaient leur réflexion sur ma pensée anxieuse. Ils m’indiquèrent la façon constructive d’écrire. Remplir des diagrammes pour enregistrer comment diminuer mon niveau d’anxiété, comment questionner mes peurs en changeant les scénarios `ne pas être capable` à `être plus responsable de` et `avoir le contrôle sur ma vie`. Quand je perdais le contrôle, j’utilisais ces outils encore et encore.

Une nouvelle attitude m’a donné la chance de relever davantage de défis. Je commençais à mieux négocier avec les nouvelles situations et je pouvais voir mon profil d’anxiété qui apparaissait avant d’être submergée par mes peurs. Avant d’atteindre un cul de sac, je me demanderais si mes peurs étaient réelles ou étaient engendrées dans ma pensée. L’hyperventilation et les douleurs à la poitrine étaient de réels symptômes de mon anxiété mais mes perceptions de ces peurs étaient un signe d’hypersensibilité comparé à ce qui se passait vraiment dans la réalité.

Je voyage maintenant sur un chemin qui est plus souple. Au cours de toutes ces années, j’ai appris que la seule et unique compétition est avec moi-même. En observant les pensées irréalistes, en ayant des attentes réalistes et en travaillant minutieusement sur mes mécanismes de rétablissement avec une routine d’exercices et des groupes de discussion. En un mot, c’est en me donnant plus d’aide. Le but principal n’est jamais atteint mais est un processus à suivre dans mon rétablissement. Je m’assure de toujours vérifier ma ré-implication dans la vie quotidienne au lieu de m’isoler avec mes peurs.

En résumé, je suggère à quiconque combattant avec une maladie mentale de se donner à eux-mêmes la chance d’être responsable. C’est la tâche la plus importante à accomplir à chaque jour et même si certains jours cela semble être comme un pas en avant et deux pas en arrière, la dignité est atteinte parce que j’ai fait ce pas en avant. J’apprécie (quelquefois) cette unique situation dans la journée qui me donnera cet extra confiance en moi-même et le reste de la journée peut être acceptable même s’il y a des obstacles. Ce qui vous arrive maintenant peut être le chef d’œuvre de votre vie. Votre chemin et mon chemin sont pleins de rétablissements.

Sylvie Albert

Un peu plus de sens (2 ième partie)…

SylvieAlbert3

Mon défi principal au cours des années a été de faire face à l’anxiété après le travail. Je dois contrôler mon niveau de stress et ne pas plonger les autres dans mon anxiété. J’ai à tenir compte de mes pensées irréalistes avant d’être submergée dans une structure non réaliste. Ce travail en profondeur me sauva la vie à maintes reprises et je développais plus de dignité et de respect.

Ce n’est pas toujours facile pour certaines personnes autour de moi d’accepter que je ne sorte pas beaucoup ou va dans les activités telles que les fêtes. Je leur explique que lorsque je ne suis pas en contrôle, je me retire pour trouver des solutions à mon anxiété comparativement à eux qui vont fêter encore plus. Quelquefois ils préfèrent croire que je les rejette mais ce n’est pas le cas. S’ils me demandaient à propos de mon attitude, je leur expliquerais qu’ils ne sont pas en cause mais que c’est ma façon de garder mon équilibre.

Mon but premier est de poursuivre des contacts harmonieux au travail et dans ma vie personnelle. Maintenant j’essaie d’améliorer mes bonnes énergies en étant plus exposée aux situations en société. C’est le bienfait que j’ai reçu en faisant du bénévolat et en continuant mes études. Ces buts sont un processus parce je ne peux jamais dire que mon anxiété est guérie. Cela fait parties de ma condition humaine depuis longtemps et j’apprécie le rôle actif que je joue dans mon rétablissement. Je prévoie et je planifie davantage d’actions positives et elles m’aident à rester en contact avec mon entourage. Parfois cela semble une tâche facile mais je sais dans mon cœur que j’essaie d’expérimenter des relations plus significatives quand je fais un effort de surplus pour partager avec les autres à mon travail, à l’école, dans ma vie sociale et familiale. J’espère accomplir mes buts en étant toujours consciente que Sylvie et la société dans laquelle je vis évoluent avec une meilleure compréhension des problèmes en santé mentale.

Sylvie Albert
Avril 2009

Un peu plus de sens (1 ère partie)…

Sylvie albert2

Maintenant je vis ma sensibilité de façon plus significative. Je me fais plus confiance et je trouve plus facile de m’impliquer dans des activités. L’ombre de l’anxiété me suit toujours mais je n’en suis pas submergée comme avant. Je pris la décision de demander de l’aide et de me rétablir.

Je crois qu’accepter les structures de mon anxiété a tracé le chemin pour que je sois plus en contrôle de ma vie. Ces structures se situent toujours dans un contexte ou un environnement qui vont déclencher plus d’anxiété et je dois adapter mon comportement dans ces situations. Entre autres, quand il y a plus de travail à mon emploi, je dois me reposer davantage la nuit précédente et mieux manger. Cela semble élémentaire mais le but est de se calmer et visualiser ce qui arrivera quand le stress devient insoutenable. Je dois y faire face au lieu de m’engloutir avec le stress. Je nomme cette stratégie mes lois et règlements de prévention. L’attitude primordiale est d’être plus à l’écoute sur ce qui se passe.

Je pratique mon esprit de concentration et crée ce calme quand je fais ma méditation. C’est mon principe quotidien pour garder ma santé mentale. Cela s’est avéré très utile quand il y a de la tension et que l’incompréhension se développe dans mon environnement. Cette ouverture permet de me déterminer à rester en contrôle dans les situations difficiles.

Beaucoup d’années ont été nécessaires pour m’adapter à mes structures d’anxiété parce que cela me rappelle quelquefois que ma vie n’est pas toujours facile et que je dois faire davantage d’efforts. Il y a aussi un transfert qui se fait aux relations anxieuses dans ma famille. Il y a certains problèmes d’anxiété parmi les enfants et mes parents aussi étaient portés à faire de l’anxiété. Il n’y avait jamais de discussion sur le sujet et je gardais mes problèmes pour moi. Il n’y avait pas de temps pour discuter de la santé mentale dans mon environnement durant les années 1970. J’étais référée à une thérapie dans mon adolescence et dans ma vingtaine. Je devais faire la lumière sur mon histoire seulement avec les thérapeutes.

Sylvie Albert
Avril 2009

Revendiquer ma vie après une maladie mentale (3 ième partie)…

SylvieAlbert3

Le futur en étant dans le flot de la vie.

La leçon que j’ai apprise jusqu’à maintenant est que je suis toujours en train de me rétablir. C’est dans mon inconscient et aussi dans une partie de ma vie quotidienne maintenant et dans le futur. Cela ne veut pas dire d’attendre moins de ma vie mais d’être plus en charge quand j’ai des rechutes. Quand j’avais une rechute dans le passé, j’aurais demandé pour plus d’aide quand je me sentais plus anxieuse mais maintenant je me donne rendez-vous à ma table de cuisine pour faire face à la rechute et trouver une solution.

J’accepte maintenant que le futur puisse apporter de bonnes expériences en comparaison d’autrefois où le futur apparaissait comme un temps rempli d’événements problématiques accompagnés d’une faible estime de soi et de bas niveaux d’énergie. Ce n’est pas que je prenne pour acquis mon bien-être mais j’anticipe de développer mon implication et de me rapprocher de plus en plus du sens réel de ma vie. Je recherche plus que de compenser et de rester marginale à la société. Je veux être impliquée dans ce projet de vie de la même façon que n’importe qui d’autre.

Si je veux décrire en un mot ce qui arriva quand je commençai à reprendre le sens de ma vie, mon premier but était de remettre l’équilibre dans ma vie. Je développai une confiance en moi avec des perceptions claires et améliorai mes interactions avec les autres. Le processus signifie d’être dans le flot de la vie avec toute mon énergie. Le meilleur objectif que je pourrai toujours garder dans la vie est d’être responsable pour ma condition de vie.

Sylvie Albert
Juin 2008

Revendiquer ma vie après une maladie mentale (2 ième partie)…

Sylvie albert2

Depuis le début de ma quarantaine.

Mon rétablissement n’est pas seulement pour moi et pour ma vie : je veux aussi aider à la création d’un meilleur environnement dans lequel les autres peuvent explorer le sens de la maladie mentale dans leur propre vie. Depuis que j’ai plus d’énergie en vivant une vie pleine de sens, je souhaite que tous les patients aient aussi l’opportunité de réaliser leur but. La société a un rôle plus important à jouer pour reconnaître les rôles des patients comme des citoyens à part entière dans toutes les sphères d’activités et elle devrait les encourager.

Quand je réalisai que la personne en charge (l’esprit de recherche en moi) était capable de prendre plus de décisions que je pensais, j’observai que le bien-être devenait concret et pas un autre but inaccessible. Il y a néanmoins aucune magie parce que je dois faire des négociations avec moi-même, c’est-à-dire être en charge de mes échecs et ne pas rendre les autres responsables de ceux-ci. Cela m’aide à garder le focus sur l’amélioration de mes conditions de vie. J’en profite car les gens me disent que je m’adapte, je suis plus flexible. C’est le même but qu’ils poursuivent avec leur vie dite normale.

Mes accomplissements ne sont cependant jamais une affaire conclue parce que je dois aller dans les détails de mon comportement envers la vie comme si c’était une pierre précieuse. Ce que je veux dire est qu’il n’y a aucune garantie de retrouver mon plein potentiel mais le but se maintient de faire partie de l’aventure comme une actrice, pas une spectatrice. Je ne veux pas mettre un masque et prétendre que j’ai rétabli 100% de ma santé mentale et qu’il y a une guérison quelque part. N’importe quel chemin que je prends sera rocailleux et c’est une bénédiction. Je suis assez résiliente pour naviguer sur cette route et je trouverai des façons d’accepter les embûches et accueillir les défis.

Sylvie Albert
Juin 2008

Revendiquer ma vie après une maladie mentale (1 ère partie)…

IMG_2383

Mon but principal est de réapproprier le sens de ma vie. C’est un cheminement complexe mais qui est possible d’accomplir. Quand je commençai à regagner l’espoir (avec des traitements et du support) Je réalisai que la vie était plus qu’être stable ou suivre un traitement. Oui c’était une pierre angulaire pour améliorer mon fonctionnement quand j’acceptai d’être traitée mais le bien-être est plus complexe qu’une recette de guérison.

Paradoxalement, je devais vraiment me placer dans un contexte où j’étais au même niveau que les autres citoyens et pas dans un environnement protégé où les malades survivent (sont placés). C’est toujours un défi parce que d’un côté je fais face à mes propres limites et d’un autre côté j’ai à négocier avec les préjugés et les étiquettes dans la société.

Depuis 1998

Je veux me sentir une citoyenne à part entière donc je m’implique dans mes activités avec une attitude résiliente. Je peux apprécier ma participation dans cet état d’esprit au lieu de me sentir submergée avec ce qui est injuste ou néfaste pour les personnes avec un problème mental. Au début de ma quarantaine, je commençai à prendre davantage un rôle dans la société quand je réalisai que je pouvais améliorer mes contacts avec d’autres personnes et qu’il n’y avait pas de honte à avoir un problème mental. Je commençai à animer des groupes de supports à AMI-Québec et d’aller à des rencontres avec d’autres patients à la fin des années 1990. J’appris de ces discussions que le rétablissement fonctionne en autant que je participe dans le processus de bien-être. C’est une approche authentique suivant mes valeurs.

Je ne crois pas dans les prêcheurs ou les thérapeutes qui me disent que quelques fins de semaine intensives de thérapie ou un programme d’activités va résoudre un problème de santé mentale. Il n’y pas de solution rapide mais je crois que je peux approfondir mes valeurs humaines pour augmenter mes chances de sentir que je fais partie du monde qui m’entoure au même titre que les autres personnes qui n’ont pas de diagnostic de problème mental le font.

Sylvie Albert
Juin 2008